Une vie pas si banale!

Finalement, en regardant de plus près, ma vie n'est peut-être pas aussi banale qu'elle y paraît! Mes joies, mes peines, mes découvertes, mes expériences... qui peuvent, j'espère, servir à d'autres. Altruiste? Et alors...?

04 janvier 2008

Mystères du cerveau humain

Il existe des choses mystérieuses, en particulier la psychologie humaine...

Non, non, ne vous inquiétez pas! Je ne vais pas parler de Freud, ni me lancer dans une analyse fumeuse.

Je vais vous parler de MA psychologie, car une chose m'étonne beaucoup.

Après ma 1ère fausse couche, en février, j'ai eu énormément de mal à remonter la pente. J'étais traumatisée, en état de choc et je me sentais partir à la dérive. Et cela jusqu'à ma deuxième fausse couche de décembre.
Il faut reconnaître que j'ai joué de malchances lors de cette première fausse couche : je ne l'attendais pas, l'expulsion s'est faite sur le quai de la gare à 2 mois 1/2 de grossesse, personne ne voulait me porter secours alors que j'étais dans une marre de sang, rien pour me nettoyer une fois arrivée à la maternité et toute une nuit passée en salle d'accouchement à entendre les naissances en cours... De plus j'étais persuadée, après ce que m'avaient dit les gynécologues, que cette grossesse était ma seule et unique chance d'avoir un enfant.

Cette deuxième fausse couche, même si elle a été douloureuse moralement et physiquement, s'est passée dans de meilleures conditions. J'étais à 7 semaines de grossesse, j'étais préparée, je l'attendais, j'étais chez moi et savais comment ça allait se passer. De plus, j'ai bénéficié d'une très bonne écoute de la part du gynécologue et des sages-femmes.

Cette deuxième "grossesse" me permet de relativiser : même si on m'a dit que je ne pourrais jamais être enceinte, je l'ai été 2 fois en un an. Mon côté optimiste fait que je préfère y voir un bon présage.

J'ai revu le gynécologue jeudi matin. Pour lui rien d'anormal, le risque de fausse couche existe pour toutes grossesses et augmente avec l'âge de la femme. Comme je ne suis plus toute jeune....
Il m'a néanmoins préscrit de l'acide folique (diminue le risque de mal formations foetales) à prendre dés aujourd'hui au cas où je serai enceinte dans l'année qui arrive.

Je garde le sourire et l'espoir...

es

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22 décembre 2007

Besoin d'aide

En lisant vos commentaires sur mon précédent post, je souhaitais vous faire part d'une idée qui m'est venue en parcourant le web.

Je me suis apperçue qu'il existait:

- dans les pays anglo-saxons, des tombes pour les "Unborn Babies". Malheureusement ces monument sont souvent "récupérés" par les militants anti-avortement ou les religieux,

- des sites pour les parents d'enfants-anges (Nos Petits Anges au Paradis , attention ce site peut heurter les âmes fragiles et sensibles),

- des blogs où les femmes parlent de leur(s) expérience(s) de fausses couches, d'avortements, d'embryons qui ne se sont pas "accrochés" lors de FIV ou de IAC...

Mais rien n'existe pour nous réunir et poser un mot, un souvenir dans un lieu commun. Une sorte de "Jardin du souvenir" virtuel.

J'aimerai que cela soit possible. Un endroit où les femmes qui le souhaitent puissent déposer un mot, court, du style : "mon étoile m'a quitté le .... Je pense à elle".
J'aimerai, aussi, que ce lieu soit bilingue (français/anglais) mais là... petit problème je ne le suis pas!

Est-ce que l'une d'entre vous se débrouille bien en anglais et serai partante pour l'aventure?

J'ai déjà une petite idée de la bannière qui pourrai ressembler à :

Banniere2

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06 octobre 2007

C'était le 22 septembre...

22 septembre 2007 = DPA (Date Prévue d’Accouchement)

C’était un samedi…

Calendrier

Mon cœur m’a serré toute la journée…

Coeur

Je n’ai jamais ressentie la force que donne une grossesse…

Femme_enceinte

Mon bébé devrait être là, à nos côtés…

B_b_

Mais il n’y a qu’un désert, un ventre vide et aride…

D_sert

Je commençais, doucement, à aller mieux…

Bonheur

Je suis redescendue à moins zéro…

Glace

J’ai le cœur pluvieux et l’âme triste…

Pluie

Je me recroqueville sur moi-même…

Pleurs

Mon ciel va-t-il s’éclaircir un jour ?...

Nuages

Est-ce qu’un ange m’attend quelque part ?...

Ange_01

Et un dicton populaire ne dit-il pas que l’espoir fait vivre…

Espoir

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22 août 2007

Prise de conscience

5 heures du matin.

Réveil en sursaut.

Une boule me sert dans la gorge.

Quels sont mes projets? Aucun.

Je me laisse aller, je me laisse lentement glisser...

Il faut que je reprenne ma vie en main. Je dois me bouger, me secouer...

Je n'aurai jamais d'enfant, c'est un fait, mais dois-je ne pas avoir de vie pour autant?

J'ai mal, je pleure...

J'ai besoin de parler, j'ai besoin des bras de mon mari... Je l'entends, il dort paisiblement.

Je me sents glacée, j'ai l'impression de sortir d'un terrible cauchemar qui dure depuis des années.

JE VEUX VIVRE : rire, avoir des projets, être dynamique, aimer...

Aller ma fille! Debout! Pense à sourire et croque la vie à pleines dents!

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23 mars 2007

Mon miracle... Mon étoile... Ma douleur...

AG3Les Autres, parce que tu n’étais qu’un embryon de 2 mois, parlent de fausse couche. Quand je parle de toi, et de la façon dont tu es parti, j’utilise les mêmes termes, sinon Ils ne comprendraient pas.

“Fausse couche”, quelle hideuse expression pour définir une souffrance à faire hurler…

Dés que j’ai su que tu étais là, bien au chaud dans mon ventre, j’ai tout de suite eu envie de te dire que je t’aimais. Mais comme c’était impossible, j’ai pris l’habitude de poser mes mains sur mon ventre, essayant de trouver où tu étais exactement, et j’espérais que tu comprendrais, à travers la chaleur de mes mains, tout l’amour que je te portais. J’espérais que cet amour, donné si précocement, te permettrait d’être plus fort. D’ailleurs tu l’étais : tu ne mesurais que quelques millimètres et tu avais la force de transformer mon corps.

Avec ton père, pour pouvoir parler de toi, nous t’avions trouvé un petit surnom (que je garderais à jamais au fond de moi et qui n’appartient qu’à toi). Nous t’imaginions avec nous, tu étais déjà avec nous. Dans ma tête, j’avais engagé avec toi quelques conversations secrètes.

Je te voyais dans une grenouillère jaune poussin, lové dans les bras de ton papa, calmement endormi ou attentif au moindre bruit que tu percevrais, les yeux aussi ronds que des billes pour ne rien perdre du monde qui t’entourerait.

Je t’imaginais blottir ta petite tête joufflue au creux de mon cou et tu agrippais, de ta main potelée, le doigt que je te tendais.

J’entendais ton rire cristallin qui brisait le silence et je voyais déjà tes yeux pétiller de joie à chaque nouvelle découverte que tu ferais.

Est-ce que ton premier mot serait Maman ou Papa ? Peut-être en aurais-tu choisi un autre, simplement pour nous surprendre.

Tu étais ce que j’avais de plus précieux.

Et puis tu nous a quitté, tu es parti rejoindre les étoiles…

Ton père n’a rien laissé voir de sa peine, il a mit toutes ses forces dans le réconfort qu’il tentait de m’apporter. Il m’a répété : “ ce n’est pas grave, c’est juste triste”.

Mes larmes ne m’ont pas quittées, elles sont toujours là. Parfois, quand je suis seule, je permets à quelques unes de s’échapper et, le soir, il m’arrive de te chercher entre les étoiles.

Mon corps a de nouveau changé, il est redevenu ce qu’il était ; comme si rien ne s’était passé. Maintenant mon ventre est vide, tellement vide…

AG4

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26 février 2007

Une vie inachevée

AG1

Juillet 2006 : les gynécologues de P.M.A. me préviennent ;  je ne pourrai jamais être enceinte.

Jamais ne pourrai savoir ce que c’est que de porter et de donner la vie. Jamais je ne verrai mon ventre s’arrondir. Jamais je ne verrai un sourire de fierté sur les lèvres de mon mari en voyant les progrès de son enfant. Jamais je n’entendrai le mot si tendre de ²maman². Jamais je ne recevrai de collier de pâtes pour la fête des mères.

Les mois sont passés.

Je tentais tant bien que mal, mais plutôt mal, de faire mon deuil d’une éventuelle grossesse.

Fin décembre 2006 : mon corps essaye de me faire comprendre qu’il se passe ²quelque chose². J’ai une envie quasi irrépressible de dormir chaque après-midi. Mon ventre est tendu et légèrement douloureux. Mes seins sont lourds et désagréablement tendus, ils changent un peu de forme. Bof, juste une nouvelle crise d’endométriose qui s’annonce…

Mais mes règles n’arrivent pas. Est-ce que je dois faire un test de grossesse ? A quoi cela servirait-il ? A me faire pleurer une fois de plus à la lecture du résultat négatif ?  Et puis les gynécologues ne m’ont-ils pas prévenue : JAMAIS

Après 3 semaines de ²retard², je me décide à passer à la pharmacie pour acheter un test. Je rentre chez moi et, sur l’insistance de mon mari, le fait immédiatement. Je n’ai pas le temps de lui demander de compter les secondes que le résultat est déjà là : POSITIF.

Mon mari saute de joie, téléphone à la pharmacie et à mon médecin traitant pour connaître la fiabilité de ces tests urinaires. Rassuré par les réponses il appelle  mes parents et les siens pour les informer de la formidable nouvelle.

Moi, je suis tétanisée. J’ai des sanglots bloqués dans la gorge, les yeux embués de larmes et les mains crispées sur le test que je ne quitte pas des yeux. Je n’arrive pas à y croire, je n’arrive pas à m’en réjouir.

Parce que je sais. Je sais que j’ai 40 ans, je sais que je suis atteinte d’une endométriose sévère, je sais que si ce bébé est vraiment là alors il va devoir se battre plus qu’un autre pour s’accrocher…

Ma grossesse est confirmée par un dosage de b H.C.G.  (15 367 UI) et par une échographie. Le bébé est bien là, confortablement installé au bon endroit et l’ébauche de son petit cœur bat déjà. !

Samedi 03 février 2007 :  il est tard, j’ai un peu mal au ventre et je m’effondre en sanglots. J’AI PEUR, tellement peur de perdre cette petite vie. Je sens que quelque chose ne va pas. Mon mari essaye de me réconforter, je vais me coucher épuisée et pose les mains sur mon ventre pour transmettre tout mon amour à ce petit bout.

Lundi 05 févier 2007 :  vers 17h00, j’ai quelques minimes pertes de sang marron. Rien d’inquiétant pour les gynécologues mais cette fois je suis convaincue qu’un truc ne va pas, que mon bébé est en danger.

Comme je travaille à l’hôpital, je me suis rendue immédiatement au service maternité    j’ai passé une échographie. La gynécologue tente de me rassurer : ²Je ne vois pas le cœur battre, mais dés fois ça dépend de la position. Il faudrait revenir jeudi ou vendredi, peut-être que l’on verra mieux. Attendez, je mets le doppler pour voir le flux sanguin… euhhh… vous voyez, les taches de couleur sur l’écran c’est là où circule le sang…. Euhh… faudra repasser en fin de semaine, parce que là on dirait aussi qu’il y a un petit  décollement…².

…Tais-toi ! J’ai compris. J’ai vu.

J’ai compris qu’elle tentait de me rassurer, j’ai vu que le sang ne passait pas dans l’embryon et que le décollement était gigantesque par rapport à sa taille… J’ai vu aussi que cet embryon n’avait plus la forme indistincte de ma première écho mais commençait à prendre celle d’un fœtus… J’ai vu, une dernière fois, mon bébé.

J’ai pris le bus, puis le train pour regagner mon domicile. Durant le trajet j’ai eu un peu mal au ventre (quand on a de l’endométriose, on relativise ce genre de douleurs).

Arrivée à la gare de mon domicile, à 20h.30,  à peine le pied sur le quai, j’ai fait ma ²fausse couche² et me suis retrouvée dans une flaque de sang.

Mon mari est venu me chercher pour m’amener à l’hôpital où j’ai été accueillie… en salle d’accouchement.

Je demande à me nettoyer avant de passer une nouvelle écho. Les sages-femmes me font rentrer dans un W.C. où je me nettoie comme je peux… avec du papier toilettes ! … il paraît qu’ils n’ont rien d’autre…

Nouvelle écho : ²Vous avez expulsé l’embryon, il ne reste que l’œuf. Nous allons vous mettre sous traitement pour que vous évacuiez  les débris et, demain matin, nous verrons pour un curetage².

C’est à ce moment que je me suis aperçue du fossé qui existait entre ces professionnels de la naissance et moi. Pour eux les fausses couches précoces sont une banalité presque quotidienne, pour moi c’est la perte de mon bébé miracle, tant espéré et déjà tellement aimé. Comment accepter les mots ²d’oeuf², de ²débris²… ?  Et mon bébé, où est-il parti ? Dans la cuvette des toilettes ? Au fond d’une poubelle dans une serviette hygiénique ?

J’ai passé la nuit dans une chambre de cette salle d’accouchement. Cette nuit là j’ai entendu des mamans mettre au monde leur enfant, j’ai entendu les premiers pleurs de nouveaux nés, j’ai entendu battre les cœurs de deux bébés dont les mères étaient venues faire un monitorage…

Moi j’étais seule, prostrée sur mon lit et plier de douleurs par les effets du traitement.

J’ai refusé le curetage (vu ma chance ils allaient encore me rater et me faire une belle cicatrice utérine qui aurait empêchée toute future nidation). Durant les 5 jours suivants j’ai été sous CYTOTEC pour provoquer des contractions utérines afin de ²nettoyer² mon utérus.

Depuis, je suis triste. J’ai mal et ne pense qu’à ce bébé parti trop vite. Je souffre en silence de cet abandon mais les pleurs ne sont jamais très loin. Et puis mon ventre est vide… tellement vide…

AG2

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