C’est l’Histoire, avec un grand H, de Manon.

Une Histoire qui m’a bouleversée et que Manon avait laissé en commentaire dans mon article « l’endométriose à mots ouverts ».

Il me semblait important de mettre l’Histoire de Manon à la Une de ce blog.

Elle reflète la toute puissance médicale qui sévie encore en 2009. Une toute puissance qui peut anéantir une vie.

Je souhaite énormément de courage à Manon.

Voici son Histoire, par le biais de ses commentaires :

Je suis tombée sur votre blog et vous ne pouvez pas imaginé à quel point j'ai vécus les mêmes symptômes ! Malheureusement j'ai vécue un véritable drame.
Après plusieurs consultations en vain chez mon généraliste, mon concubin m'a obligé d'aller chez un gynécologue. Faut dire que mes menstruations étaient très abondantes avec des évacuations d'un ou de plusieurs caillot, qui duraient 3 semaines et m'obligeaient à resté 3 jours coucher. Le gynécologue m'a demandé mon âge (j'ai 44 ans), après un court examen il me dit : " c'est rien, on va vous enlever l'utérus, c'est simple et pas plus douloureux que lorsqu'on vous a enlevé l'appendice". Pourquoi pensé au pire comme première solution? J'étais en larme ! Le lendemain je vais chez le radiologue pour faire une échographie. J'ai du faire une prise de sang. Dans mon test sanguin en hémoglobine j'avais 6,1g% (normalement c'est entre 12,0 et 16,0) j'étais anémié. Dans la semaine ce gynécologue chirurgien et chef du service de la maternité m'a fait un curetage. A mon réveil de l'anesthésie, le gynécologue me dit : " Je vous prends rendez-vous pour l'enlèvement de l'utérus?" Le choc ! Je lui ai dis que je ne veux pas en entendre parler. Il voulait que je me fasse opérer la semaine suivante car il partait en vacances. Je lui ai demandé pourquoi cette précipitation. J'ai pensé qu'il y avait certainement une autre solution. Je lui ai dis que je ne veux pas être mutilée et que je veux resté femme. Peut-être qu'il ne souhaitait pas que je me renseigne davantage, une telle opération lui rapporte des sous.
Malheureusement J'ignorais que le curetage se révéra inefficace à réduire les saignements. En fait c'est plutot le contraire qu'il s'est produit. Deux jours après cette intervention date prévu pour mes règles, les saignements ont aggravé car il était totalement déconseiller dans mon cas du fait que j'étais atteinte de ménorragie. Épuisée par l'anémie et le manque de sommeil j'ai fini à l'urgence où ont m'a fait une hystérectomie d'office et abusive. Je ne souhaite ça à aucune femme.

Posté par Manon, 29 septembre 2009 à 12:34

Je reviens juste avant mon hospitalisation en urgence....
Trois jours après mon curetage, je suis allé voir le généraliste avec mes résultats sanguins, l'échographie. Mon second test sanguin disait que j'avais 8,0g%. J'ai dis au généraliste que je ne veut pas que l'on m'enlève l'utérus. Il m'a fait une ordonnance pour une transfusion sanguine à l'urgence de l'hôpital (là où le gynécologue travaille). C'est là que je suis allé à l'urgence. Je voulais allé mieux afin d'avoir plus de temps de consulter un autre gynécologue.
A mon grand étonnement j'ai été hospitalisé à l'urgence de la maternité. (j'avais dis à mon fils que je j'arriverai tôt à la maison) Ils m'ont dit que j'y resterai la nuit pour voir demain si j'aurai cette transfusion. J'étais naïve, je croyais que c'était pour être en meilleur forme. D'une nuit j'y suis resté 5 jours à l'hôpital. Je n'ai pas eu de transfusion mais que des perfusions et du fer. Piégée à la maternité, on ne m'a pas laissé réfléchir ni décidé de mon corps. Les insomnies m'avaient rendu faible moralement et c'est comme ça que l'on m'a forcé a accepté cette hystérectomie. Je n'ai même pas pu avoir un autre avis médical. Ne supportant pas l'idée de cette mutilation, je marchais la nuit dans la chambre désespérée. Je me sens coupable, j'aurai du quitter l'hôpital en courant. D'après le service de gynécologie, l'utérus n'est utile que sur la mesure où il y a procréation (un sac à bébé jetable !). D'après eux, il fallait me l'enlever à tout prix surtout que c'est une opération sans importance et simple. J'en ai entendu des choses pendant ma captivité, comme du fait que j'ai un fils et que cet organe était à mon âge (44ans) totalement inutile. Aucun soutient de mon concubin ( ce que chemises blanche dit est la vérité)Durant mon hospitalisation j'étais moralement et psychologiquement mise dans une bulle parce que je n'avais su m'exprimer et poser les bonnes questions puisqu'on m'accusait de tout dramatiser et que je devais sourire en pensant à toutes les économies ( plus d'achats de serviettes hygiénique) liberté de ne plus avoir de règles...
J'avais demandé de conservé mon utérus et on m'a dit que ce n'était pas possible et qu'il existait aucun traitement médical alternative ni de chirurgie conservatrice CE QUI EST FAUX! dans le traitement des fibromes. Étant en absence d'informations complètes et objectives ça m'a obligée de me remettre uniquement aux discours et à la solution du gynécologue. Le fait de m'avoir rapidement enlevé l'utérus sans avoir eu la chance d'avoir un autre avis médical c'est horrible ! A quelque part, je me dis que j'aurai pu éviter cette amputation. J'ai une belle cicatrice sur le ventre, en réalité, je m'en fou de cette cicatrice. Je vis mal la perte de mon identité féminine. Depuis cette opération, je me sens vidé, je ne suis que la moitié d'une femme. Il y a 4 mois que j'ai eu la grande opération et je m'éloigne de jours en jour de mon concubin et de mon fils. Je pleure la nuit, le jour, je suis devenue une sorte de zombie. Notre couple est peut-être brisé.
Mon concubin est un très bon amant. Avant cette opération, je le sentais bien profondément en moi, je sentais les contractions de mon utérus au moment des fortes pénétrations, c'était bon ! Maintenant non seulement je n'ai plus de désirs. Je me couche habillé. Je ne supporte plus qu'il me touche (même tendrement)Mes nuits se passent au salon devant la T.V Je n'ai plus désespoir, j'ai perdu l'envie de vivre. Depuis mon opération, j'ai fait d'autres test sanguin et un test urinaire. Je suis toujours en grande carence de fer et de calcium. Je suis certaine que c'est hormonal! Je n'ai peut-être plus de règles mais je me sens plus mal qu'avant. Imaginez, c'étais la première fois depuis mon accouchement (il y a 17 ans) que je consultais un gynécologue et je me retrouve mutilée !!!! Je ne prenais aucune contraception, sauf la "méthode du calendrier"

Posté par Manon, 29 septembre 2009 à 18:34

Oui, tu peut mettre mon histoire en article sur ton blog.
Il est vrai quand j'ai consulté ce gynécologue (pris par hasard) que je soufrais de ménorragie. Mais j'avais mes règles qui tombaient pile ! J'aimais la vie et j'adorais faire l'amour. Les saignements étaient devenus abondant et duraient 3 semaines. Ce qui diminue la durée des rapports sexuels. Avant l'hystérectomie, j'étais très vaginale + que clitoridienne(d'ailleurs fallait pas jouer longtemps avec le clito ça m'énervait).
Ayant refusé totalement l'ablation de l'utérus, ce gynécologue m'a fait le curetage afin de réduire les saignements.
Pour les femmes atteintes de ménorragie, l'intervention sera inefficace à réduire les saignements, c'est plutôt le contraire ! Le curetage élimineront les caillots de fibrine en place et aggraveront le saignement. J’ignorais que ce "médecin" m'avait bousillé mon utérus afin d'arriver à ses fin. Il est vrai que mon utérus avait un gros fibrome intra mural de 7,5 cm. Il fallait le soigné. Mais on aurait pu éviter l'hystérectomie.
Il m'a dit que sur internet les autres traitements étaient des "conneries" qu'il connaissait son métier.
Mon concubin qui croyait ce médecin. En plus je ne travaille pas et je suis totalement isolée à la campagne. Je ne suis même pas dans le village. Sans permis, sans vie social, je suis cloitrée.
Cette opération a été précipitée certainement pour que je n'ai pas le temps d'être informé afin d'avoir une décision équitable. J'ai essayé d'en parlé, de me confié, on m'a dit que ce n'était qu'une "petite histoire de bonne femme", qu'il ne fallait pas dramatiser.
Ce gynécologue chirurgien et chef du service de la maternité m'avait certifié qu'après l'opération tout rentrera dans l'ordre. Pourtant je perd toujours mes cheveux, depuis j'ai pris 10 Kg( sans avoir mangé plus, au contraire je consomme davantage de fruits et légumes pour les vitamines et le calcium). Mes pieds, mains et jambes toujours gonflés. En plus je n'ai jamais été aussi démoralisée et triste. Bravo la médecine (abusive).
J'ai revu le gynécologue un mois après l'opération j'en ai profité pour lui dire ce qui n'allait pas.
Il m'a dit que je devais être reconnaissante de ne plus avoir de règles, que j'étais "toute neuve". Et que je devais allé consulter un psychiatre parce que tout est dans ma tête, un utérus c'est rien qu'une poche. Que l'hystérectomie est une intervention anodine, qu'il en fait régulièrement. Il a même dit à mon concubin "un petit coup de moineau me ferait un grand bien" LE MACHO...Il m'a mis gentiment à la porte du cabinet en disant tout haut : "Ravi de vous avoir vu, prenez un rendez-vous l'année prochaine, Monsieur occupez-vous d'elle !"
Mon concubin veut que je tourne la page, il dit que c'est rien, que j'ai passé qu'un mauvais moment et que je vais bientôt oubliée.
Quand une chatte est retiré du programme de reproduction, on lui fait une hystérectomie. Ce n'est pas parce que je ne voulais plus d'enfant qu'il fallait faire de même pour moi ! Nous sommes des femmes pas des chattes ! Je me sens si seule. Le pire c'est qu'à la sortie de l'hôpital une femme entre 35/40 est entrée en pleurs pour les mêmes raisons que moi. Régulièrement on mutile des femmes et on ne parle pas par honte. C'est un scandale ! Il s'agit quand même de nos corps, de notre intimité.

Posté par manon, 01 octobre 2009 à 12:44