FIV = Fécondation In Vitro

Par1_1 Comme je vous en ai déjà parlé dans ²Mon parcours d’endométriosique², dés l’annonce de mon endométriose j’ai décidé de me tourner vers un centre d’Aide Médicale à la Procréation, aussi appelé PMA. J’avais presque 38 ans et, en découvrant les ravages que pouvaient faire cette maladie, j’ai très vite compris qu’il fallait que je fasse vite si je souhaitais mettre toutes les chances de mon côté pour avoir un enfant.

Je me suis adressée à la PMA dés que je suis sortie de mon intervention. Comme j’étais encore sous traitement de ménopause artificielle, il m’a fallu attendre quelques mois avant de commencer réellement ma FIV. Et quand je dis ²commencer² c’est vraiment ça. Toutes les femmes qui sont passées par là vous le diront : un parcours FIV est un vrai parcours de combattant.

Tout commence par une première consultation. Et c’est reparti pour raconter votre vie depuis votre puberté ! Répondre aux questions plus ou moins compréhensibles, tenter d’expliquer, mais les savaient-ils eux-mêmes, pourquoi tous les gynécologues qui vous ont suivis jusqu’ici 1°) n’ont pas vu que vous aviez de l’endométriose, 2°) n’ont pas poursuivis plus loin les examens quant à la stérilité ?

Qu’est-ce que j’en sais moi ? Je trouve que la récente annonce de mon endométriose est déjà assez difficile à accepter pour, en plus, me poser ce genre de questions métaphysiques ! Les gynécos je ne les portent pas particulièrement dans mon cœur, alors savoir ce qui se passent dans leur tête…

A la fin de la consultation moi et mon mari sommes ressortis avec une ordonnance longue comme un jour sans pain. Non pas de traitement à prendre mais de prises de sang et d’analyses de sperme à faire.

A voir toutes ces analyses nous nous demandions si nous n’allions pas ressortir complètement exsangues du laboratoire. Toutes avaient des noms peu familiers et certaines nous ont beaucoup interrogées. Par exemple, pour moi, une recherche d’anticorps anti-spermatozoïdes ! Je ne savais même pas que des femmes pouvaient développer ce type d’anticorps. La gynécologue m’a dit que c’était rare…

Bref, mon mari et moi avons réussi l’ensemble de nos examens avec succès ! Mais, avant d’entrer dans le vif du sujet, nous devions aussi prouver que nous étions marier et mutuellement consentants pour cette tentative de FIV. Comme de très bons élèves, nous avons constitué précieusement notre dossier qui, ensuite, a été validé par le centre de PMA.

Les choses sérieuses pouvaient commencer !

Pour Madame :

- piqûres tous les jours pendant un mois pour mettre les ovaires au repos (= 1 piqûre/24h), ponctuées de quelques échographies endovaginales  et prises de sang pour s’assurer que le traitement fonctionne,

- tout en maintenant les ovaires au repos, nouvelle piqûre quotidienne supplémentaire pour activer, et contrôler, une ovulation (= 2 piqûres/24h.). Quand je dis une ovulation ce n’est pas tout à fait exact : le but du traitement étant que les ovaires soient les plus productifs possible pour que ²la récolte² soit bonne, et on ajoute encore quelques échographies et prises de sang,

- puis, pour que les ovules arrivent à maturité, nouvelle piqûre journalière (= 3 piqûres/24h) avec, cette fois-ci, échographie + prise de sang toutes les 24 à 48 heures,

- quand les ovules sont ²mûrs², anesthésie générale pour aller les prélever par voie trans-vaginale (l’instrument est introduit par le vagin puis perce sa paroi pour aller faire sa cueillette sur les ovaires),

- mesdames les ovules sont médicalement présentées à messieurs les spermatozoïdes et, si leurs rencontres sont fructueuses, les graines de vie seront implantées quelques jours plus tard chez la femme(pour multiplier les chances de grossesse, 2 à 3 ²graines² sont implantées).

Pour Monsieur qui est un sacré veinard au regard de sa femme :

- prélèvement de sperme dans une pièce sordide, sans fenêtre mais avec de vieux magazines de Q pour le stimuler et une infirmière revêche qui attend, derrière la porte, qu’il lui apporte son petit bocal…

Bon, tout ça c’est dans le meilleur des cas mais, si vous me lisez régulièrement, vous verrez que je suis plutôt poissarde dés qu’il s’agit de ma santé.

Pour un peu mieux comprendre, je vais vous expliquer comment se passait les échographies dans ma PMA. Non, je n’habite pas au fin fond de la jungle et ma PMA était dans un grand centre hospitalier universitaire (C.H.U.).

Le centre ouvrait à 7h.00, les femmes en parcours FIV étaient prévenues par téléphone de la date de leur prochaine échographie mais aucun horaire n’était donné. Dés 6h.30 les femmes arrivaient dans une grande salle d’attente, sans aucun personnel pour les accueillir ou les guider, et passaient par ordre d’arrivée (je me souviens avoir eu jusqu’à 16 personnes qui me précédaient) et 2 ou 3 internes faisaient les échographies à la chaîne durant toute la matinée. Ils faisaient des va-et-vient entre la salle d’attente et les salles d’échographies. Là se trouvaient un bureau avec 2 chaises, un appareil à échographies et une table d’examen avec étriers pour que Madame puisse prendre la position gynécologique ad hoc… même pas un petit coin pour se déshabiller.

J’ai donc commencé ma première tentative de FIV : piqûres, prises de sang et échographies se succédaient. Durant tout ce temps, plus d’un mois, j’étais psychologiquement très mal. J’espérais de tout cœur que cette tentative allait fonctionner, que rien ne se passerait difficilement, etc. Mais, quand on pense à ce genre de chose, on pense aussi à son contraire… Et si les piqûres fonctionnaient mal, et si mon corps ne réagissait pas comme il devait, et si….

Tout c’est bien passé… jusqu’à la dernière échographie précédent la ponction d’ovules.

J’arrive à 6h.30 et, quelle chance, il n’y a que 2 couples qui attendent avant moi (mon mari travaillant ce jour là, et son lieu de travail étant à ~100km de la PMA, j’étais donc seule). J’attends sagement mon tour, le cœur battant un peu plus vite que d’habitude, et l’interne vient me chercher pour passer l’échographie endovaginale. Je me déshabille, monte sur la table d’examen, mets mes pieds dans les étriers et l’échographie débute. L’interne commente à voix haute ce qu’il voit sur l’écran : « Alors l’ovaire droit…. 2 ovules qui semblent bien évoluer… l’ovaire gauche… un ovule….. Madame, c’est votre première tentative de FIV, si c’était une Xème tentative nous pourrions ponctionner mais pas pour une première où il nous faut, au minimum, 4 ovules. Pas de ponction, nous arrêtons là, vous pouvez vous rhabiller et partir » … et il est sorti de la pièce !

Je me suis donc retrouvée seule dans cette pièce lugubre, toujours allongée sur cette table d’examen et les ²fesses à l’air² en position gynécologique ! J’avais des larmes dans les yeux, des sanglots dans la gorge et des questions (et revendications) plein la tête :

- est-ce que ça vient de moi ou du traitement ?

- est-ce que je vais pouvoir retenter une FIV et dans combien de temps ?

- j’ai 38 ans, je n’ai plus tout mon temps, ne peut-on pas faire une exception ?

- j’ai une endométriose, mes ovaires sont abîmés, s’il vous plaît, je veux tenter ma chance !

- …

- AIDEZ-MOI !

Je me suis rapidement rhabillée (après tout, d’autres femmes attendaient leur tour) et je suis sortie. Dés que j’ai été dehors et à l’abri du regard des passants, je me suis effondrée.

J’ai téléphoné à mon mari pour tenter de lui expliquer, mais lui dire quoi puisque moi-même je n’avais obtenu aucune réponse à mes interrogations. Mes mots se perdaient dans mes sanglots, je suis rentrée chez moi le cœur lourd.

Cette expérience à été douloureuse, il a fallut du temps pour que je l’accepte et que je fasse une deuxième tentative… mais ça, c’est une autre histoire et je la réserve pour un autre jour.

Par1_2